Thèmes et éléments récurrents chez David Lynch

Un certain nombre d'obsessions jalonnent les films de Lynch, des thèmes principaux jusqu'au plus petits détails, le réalisateur s'est forgé une identité cinématographique dont seul lui a le secret.

 

Le rêve

 

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 Thème de prédilection de David Lynch, il considère lui-même que "tout les films sont des rêves, mais certains un peu plus que d'autres". Depuis son premier film Eraserhead, ses oeuvres sont baignées dans une atmosphère onirique et iréelle et Lynch met souvent en scène des rêves de ses personnages, comme celui de l'agent Cooper dans Twin Peaks, qui se retrouve projeté dans une étrange chambre rouge en compagnie d'un nain au langage énigmatique. Dans Blue Velvet, on peut entendre à deux reprises une chanson de Roy Orbison, "In Dreams, très appréciée par Lynch, probablement car elle traite du rêve et dégage une ambiance onirique.

 

 

La folie

 

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 Les personnages des films du metteur en scène sont souvent atteints de troubles effrayants. Dans Blue Velvet et Sailor et Lula, il s'agit de malades dangereux que les héros cherchent à fuir où à mettre hors d'état de nuire. Mais plus tard dans la filmographie de Lynch, la psychose gagne les personnages principaux, le parfait exemple est celui de Fred Madison dans Lost Highway, dont la jalousie maladive va le pousser au meurtre; on peut également citer l'actrice Nikki qui, dans Inland Empire, a des difficultés à distinguer la fiction de la réalité et va plonger dans des visions cauchemardesques.

 

 

La route

 

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Depuis Blue Velvet, où le héros du film était emmené contre son gré dans une "virée en voiture" par Frank Booth, la route est un motif majeur des films du réalisateur. Auteur de deux road-movie, Sailor et Lula et Une Histoire Vraie, la route est abordée de deux aspects différents, survoltée et dangereuse dans l'un et lente et chaleureuse dans l'autre. Mais la route est également un sujet de mystère, comme dans Mulholland Drive ou Lost Highway (deux titres qui évoquent la route par ailleurs) où des scènes de nuit montre la pénombre qui envahit les chemins empruntés par les personnages.

 

 

Les faux-semblants

 

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 Loin d'être d'inutiles bizarreries, David Lynch se livre à une certaine critique de la société, et principalement des apparences et des illusions. Dans Twin Peaks et Blue Velvet, c'est la société américaine hypocrite qui est dénoncée, grace au procédé du contraste entre les apparences de villes tranquilles mais qui cache une horreur et un vice sous-jacent. Le même procédé est utilisé pour les personnages telle que la débauchée Laura Palmer ou la radieuse et souriante Betty qui cache bien des choses dans Mulholland Drive. Dans ce dernier film, on assiste également dans la scène du Silencio à une dénonciation directe des illusions, qui, si on se livre à une analyse de la scène, sont présentes partout.

 

 

Les troubles identitaires

 

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La femme fatale

 

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Personnage majeur des films noirs, que Lynch apprécie beaucoup, on en retrouve beaucoup de codes dans les personnages féminins de ses films. Tout d'abord elles en ont complétement l'apparence, et leur présence est aussi bien associé à la sexualité qu'à la mort, telle Dorothy Vallens dans Blue Velvet, qui entraine Jeffrey Beaumont vers la perte de son innocence. Souvent chez Lynch, les femmes fatales sont opposés à d'autres personnages féminins bien plus innocents et inoffensifs, leur différence est marquée également visuellement, l'une étant blonde et l'autre brune.

 

 

Des personnages étranges

 

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Au cours des films, on rencontre une foule de personnages secondaires énigmatiques qui rajoute du mystère à l'ambiance des scènes. De la "femme dans le radiateur" de Eraserhead jusqu'à la voisine d'Inland Empire, en passant par l'homme mystérieux de Lost Highway et le nain de Twin Peaks, Lynch met en scène des personnages marquants et hors du commun, qui se différencient des autres protagonistes par leur aspect inhabituelle et leurs propos souvent obscurs. Semblant venir d'un autre monde, ils sont parfois issus de rêves ou de visions des personnages mais ils s'ancrent tous dans une certaine réalité, ce qui les rend d'autant plus inquiétants.

 

 

Le son

 

 

Plus que chez n'importe quel cinéaste, le son tient une importance primordiale dans le cinéma de David Lynch, il appuie les images et les émotions qu'elles dégagent. Avec des sons sourds, comme dans Eraserhead, ou stridents, il renforce la tension de certaines scènes; il manie également parfaitement les montées et descentes du volume qui sont devenues caractéristiques de ses bande-sons.

Mais Lynch utilise aussi beaucoup la musique, notamment avec l'aide de son compositeur attitré Angelo Badalamenti. Grand fan de Elvis Presley et de Roy Orbison, Lynch baigne ses BO de sonorités des années 50, mais également de rock (Wicked Game de Chris Isaak dans Sailor et Lula), de métal (Rammstein dans Lost Highway) ou d'électro (Ghost Of Love dans Inland Empire, composé par Lynch lui-même). Les compositions de Badalamenti sont aussi assez variées, passant du classique (Mulholland Drive) au jazz (Dance Of The Dream dans Twin Peaks), avec toujours une aisance remarquable.

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