Les cadrages au cinéma

  La réalisation d'un film dans le cinéma moderne comporte de nombreux aspects techniques tels les effets de liaison, l'utilisation des axes dans l'espace, les mouvements de caméra ou bien encore les optiques. Mais l'un des points les plus essentiels dans la réalisation d'un film est le cadrage. Dans ce dossier, nous passerons en revue les différents cadrages présents dans le 7ème art.

 

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  Tous les cadrages ont un sens esthétique qui leur sont propres et sont préalablement défini par les codes du cinéma mais certains, en plus de cela, ont un second sens, plus symbolique, moins littéral et donc moins évident à cerner lorsqu'on n'y est pas attentifs : c'est la valeur dramaturgique. Cette valeur dramaturgique peut réfléter une émotion d'un personnage, la renforcer et créer un sentiment (que ce soit de la haine, de la compassion, etc ...) du spectateur envers le personnage mais tout aussi bien mettre en avant une contradiction, un paradoxe et une réflexion plus poussée d'un personnage sur sa situation dans l'histoire du film.


Le Gros Plan (GP) :

  

  • Procédé : Le gros plan est en général un plan fixe, sans mouvement de caméra. Il est centré le plus souvent sur un personnage et plus précisément sur un visage, qui part du sommet du crâne et finit à la naissance du cou.
  • Analyse générale : Le gros plan vise à créer et/ou renforcer un sentiment entre le personnage et le spectateur, en reflétant l'émotion ressentie et l'état d'esprit de ce personnage. Ainsi, un personnage déjà inquiétant pour le spectateur pourra paraître encore plus angoissant. De plus, le gros plan peut avoir un sens symbolique : ainsi, la réaction sur le visage d'un personnage en gros plan peut traduire une harmonie avec l'histoire de ce personnage ou au contraire, montrer une contradiction visant à déstabiliser le spectateur et à s'interroger sur la suite censée être logique de l'histoire.


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  • Exemple cinématographique : Dans Shining (1980) de Stanley Kubrick, le gros plan est utilisé afin de montrer la gradation de la folie de Jack Torrance (Jack Nicholson). Le spectateur assiste ainsi à sa descente aux enfers et commence à éprouver de la crainte vis-à-vis du personnage principal.

 

Le très gros plan (TGP) :


  • Procédé : le très gros plan est très facile à identifier. Il permet simplement de voir en détails un élément de l'intrigue qui de première apparence peut paraître banal. 
  • Analyse générale : Le TGP met en avant un moment-clé de l'intrigue, un détail, permettant de s'avancer dans l'histoire mais aussi de mieux analyser et intepréter la psychologie d'un personnage.


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  • Exemple cinématographique : Dans Spider-Man, Peter Parker, après s'être fait mordre par une araignée génétiquement modifée, découvre qu'il a des pouvoirs lui permettant de ramper sur les murs et décuplant sa force. Mais c'est seulement après s'être battu avec un autre lycéen qu'il se rend compte de ses changements physiques. Le Très Gros Plan marque ici un changement. Peter Parker prend alors connaissance de ses nouvelles capacités, conséquences de sa transformation physique.

 

Le plan à deux :


  • Procédé : Le plan à deux résulte d'une apparition à l'écran de deux personnages, cadrés généralement jusqu'au milieu de la poitrine. Il existe deux types de plans à deux, diamétralement opposés : le plan à deux équilibré et le plan à deux déséquilibré.
  • Analyse générale :  
  1. Plan à deux équilibré : Ce plan montre une harmonie dans les sentiments et les réactions des 2 personnages. Cela met en exergue une relation de symbiose et de total accord.


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  • Exemple cinématographique : Dans Brothers, un militaire père de famille, Sam, a disparu en Afghanistan. Son frère,Tommy, vient s'intaller chez lui afin de veiller sur sa femme et ses deux petites filles. Lors de cette scène, Tommy discute avec sa nièce, qui dit que sa petite soeur est formidable et que tout le monde l'aime. Tommy comprend alors qu'elle se sent moins aimée que sa soeur et en même temps, se voit en elle, car Sam a toujours été le préféré de la famille. Ce plan montre donc un rapprochement des deux personnages ayant un même sentiment d'infériorité face à leur frère/soeur. On peut remarquer sur la 1ère et 3ème photos ci-dessus que les deux personnages regardent toujours dans la même direction, montrant l'uniformité de leur sentiment commun. De plus, sur la 2ème photo, les deux personnages se regardent directement dans les yeux, se voyant chacun dans l'autre.

       2. Plan à deux déséquilibré : Contrairement au précédent plan, le plan à deux déséquilibré montre une contradiction, un désaccord et empêche toute harmonie entre les deux personnages. Ces derniers s'évitent du regard voire s'ignorent en regardant chacun dans une direction extérieure. 

 

Plan en amorce :


  • Procédé : Le plan en amorce est très courant et assez simple à mettre en place : il s'agit de la présence d'un personnage, souvent de dos, entre la caméra et un deuxième personnage. Très fréquemment, le premier personnage est cadré au niveau de la tête ou de l'épaule. Ce plan est très utilisé car il évite la multiplication, dans une même scène, de plans visant à cadrer chacun un acteur. Ainsi grâce au plan en amorce, les différents acteurs participant à un dialogue sont présents en même temps.
  • Analyse générale : Le plan en amorce permet de mettre en exergue la relation qui unit deux personnages. Les deux personnages étant généralement en train de parler. Ainsi, ce plan montre soit un rapprochement (amour, amitié, sympathie, etc...) soit une tension palpable (crainte, peur, dégôut, mépris, etc ...)
 
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  •  Exemple cinématographique : Dans Philadelphia, un avocat fraîchement licencié (Tom Hanks) à cause de sa maladie qu'est le sida décide de porter plainte et d'engager un procès contre ses anciens employés pour licenciement abusif. Pour l'aider dans sa démarche, il va demander à autre avocat (Denzel Washington) de le défendre. L'entretien se déroule sans encombre jusqu'à ce la nature du licenciement, et donc la maladie, soit révélé (image 1). Le plan en amorce va nous révéler la réaction du personnage incarné par Denzel Washington (image 2) et nous permettre de constater sa surprise et sa crainte soudaine d'attrapper cette maladie ( le film se déroulant au début des années 90, la population n'était aussi bien informée que nous sur le mode de transmission de la maladie).
 
Le plan subjectif ou caméra subjective :

  • Procédé : Le plan subjectif permet de voir une scène à travers les yeux d'un personnage ou d'un animal ou bien encore monstre lorsqu'il s'agit d'un film d'horreur. 
  • Analyse générale : La caméra subjective a un rôle très manichéen : soit on éprouve de la sympathie lorsque le personnage est bon soit l'inverse, c'est-à-dire au bas mot, de la crainte et au pire, de la terreur lorsque le personnage est mauvais ou a une apparence mauvaise.

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  •  Exemples cinématographiques : Le cinéma d'horreur a toujours aimé la caméra subjective donnant un contexte encore plus crédible et une approche plus convaincante de la peur : nous pouvons citer Le Projet Blair Witch, Rec ou encore Paranormal Activity. Cette mode de la caméra subjective dans le cinéma du genre n'en est pas à son premier essai car déjà Halloween de John Carpenter utilisait ce procédé lors de l'approche du meurtrier. Spielberg a aussi utilisé ce procédé dans son célèbre film Les Dents de la Mer.
 
Le plan en plongée :

  • Procédé : Lorsque la caméra est inclinée vers le bas, il y a plongée. L'environnement ou les personnages filmés paraissent petits par rapport à leut taille réelle.
  • Analyse générale : Le plan en plongée permet de rendre moins imposants des sujets qui le sont par nature. Ainsi, ils paraissent plus fragiles, vulnérables et sans dangerosité apparente.

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  • Exemple cinématographique : Le plan en plongée extraite du film V pour Vendetta nous montre la fragilité du héros et surtout son passé lié à la souffrance de ses brûlures. Le plan en plongée permet d'expliquer pourquoi le mystérieux révolutionnaire se cache tout le temps derrière un masque.

Le plan en contre-plongée :

  • Procédé : Contrairement au plan en plongée, la contre-plongée est inclinée vers le haut. L'environnement ou les personnages filmés paraissent plus grands que leur taille habituelle. Ils sont imposants.
  • Analyse générale : Le sujet filmé est ainsi sacralisé, dominant. Il a pour ainsi dire plus de puissance qu'il n'en aurait l'air sans la contre-plongée.

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  • Exemple cinématographique : Dans 2001, l'odyssée de l'espace, un monolithe étrange apparaît au milieu de singes. Une fois touché par ces singes, ces derniers deviennent plus intelligents et apprennent à se servir d'outils, etc... Le plan en contre-plongée permet de donner une puissance phénoménale au monolithe qui selon les interprétations, a un aspect divin renforcé par la vue du ciel, de la Lune et du Soleil au deuxième plan.

 



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