Filmographie de David Lynch

Né le 20 janvier 1946 dans le Montana, David Lynch se destine très tôt à devenir un artiste, cependant il ne s'envisageait pas cinéaste mais peintre. Il pris des cours à la Corcoran School of Art à Washington puis à l'écôle des beaux-arts de Boston. Attiré par l'envie d'animer ses tableaux et d'y ajouter du son, il s'intéresse alors au cinéma. Il réalise plusieurs courts-métrages entre 1967 et 1973; très expérimentales, ces oeuvres montrent plus Lynch comme un plasticien qu'un réalisateur. En 1976, il diffuse son premier long-métrage: Eraserhead.

 

eraserhead.jpg

Film cauchemar en noir et blanc, Eraserhead est l'un des films les plus tortueux et torturés de Lynch. Une majorité des éléments qui le caractérise sont déjà présents: une atmosphère étrange, une bande-son soignée, les thèmes de la folie et du rêve... Ici, Lynch met en scène un homme face à une paternité non voulue et dont "l'enfant" qu'il doit élever souffre d'affreuses difformités, le personnage va finir par se perdre entre rêves, folie et réalité. Eraserhead est surement le film de David Lynch le moins facile d'accès et le plus angoissant: son atmosphère étouffante, ses personnages monstrueux, ses textures organiques le rendent véritablement terrifiant.

 

 

elephant-man-affiche-1.jpg

Elephant Man (1980) réprésente le premier succès populaire et critique du réalisateur. Il narre l'histoire vraie de Joseph Merrick, surnommé "l'homme-éléphant" du fait de ses nombreuses difformités; qui sera aidé par le docteur Treves qui va découvrir en lui un être doué d'une grande sensibilité et d'une grande intelligence. Lynch n'ayant pas signé le scénario, le film se révèle être d'un classicisme très rare dans la carrière du cinéaste, mais il parvient néanmoins à y incorporer des éléments qui lui sont propres. Mais ici, le réalisateur s'efface devant son sujet et livre un film d'une grande justesse et d'une profonde humanité, un véritable plaidoyer pour la tolérance.

 

 

dune-1.jpg

Blockbuster de science fiction adaptant le roman éponyme de Frank Herbert, Dune (1984) est le film le moins apprécié par David Lynch lui-même. N'ayant pas eu accès au final cut, Dune se révèle être plus un film du producteur Dino de Laurentiis que de Lynch. Le film laissera au metteur en scène un souvenir amer mais lui donnera l'envie d'orienter sa carrière vers des horizons plus personnels.

 

 

blue-velvet.jpg

Avec Blue Velvet (1986), Lynch revient à un projet complétement personnel. L'histoire est celle de Jeffrey Beaumont, jeune homme sans histoire qui va découvrir une oreille dans un champ et enquêter sur cette étrange découverte, sa curiosité va le mener à la rencontre de la chanteuse de Dorothy Vallens, persécuté par le dangereux Frank Booth, véritable incarnation du mal. Sous l'apparente banalité des personnages et des lieux, le cinéaste nous entraine dans un univers onirique, bleuté avec des scènes troublantes et inquiétantes, où il explore les faux-semblants de l'Amérique. Le film reste une pierre angulaire dans l'oeuvre de Lynch et marque sa première collaboration avec son compositeur attitré Angelo Badalamenti.

 

 

00799868-photo-affiche-sailor-et-lula1.jpg

 En 1990, Sailor et Lula revisite le road-movie façon Lynch, d'après un roman de Barry Gifford. On assiste à la fuite de Sailor et Lula, un couple complétement déjanté, qui cherche à échapper à la mère de Lula. On traverse alors avec eux une route parsemée de personnages violents et étranges. Suivant un rythme effréné, le spectateur multiplie les rencontres marquantes avec des personnages décalés, parfois drôles, parfois dangereux, mais qui n'arrêtent pas pour autant le couple aveuglé par l'amour. Pour ses sublimes images, sa bande-son rock'n'roll, son interprétation et ses multiples références cinématographiques, le film obtenu la palme d'or à Cannes.

 

 

twin-peaks-0.jpg

 Après la fin de sa série Twin Peaks, qui révolutionna complétement les productions télévisuelles, David Lynch souhaita revenir avec un long-métrage dans l'univers de la ville où personne n'est innocent. Twin Peaks: Fire Walk With Me (1992) raconte les 7 derniers jours de Laura Palmer, une étudiante modèle qui se révèle être bien plus sombre qu'il n'y parait, dont la mort constitue l'ouverture de la série. Avec ce préquel, Lynch prend à dépourvu les attentes des fans de la série avec un film inclassable, plus torturé et complétement hypnotique. On assiste comme dans Blue Velvet à une dénonciation des apparences, mais également à la superposition de mondes parrallèles très mystérieux. Notons également que le film est accompagné d'une des meilleures partitions d'Angelo Badalamenti.

 

 

lost.jpg

 Lost Highway (1997) représente pour beaucoup de fans du célèbre réalisateur un de ses meilleurs films. L'histoire est celle de Fred Madison, riche musicien marié à Renée, mais qui la soupçonne de le tromper. Chaque jour le couple reçoit des étranges cassettes vidéos filmant leur maison ou leur intérieur, mais un matin, Fred visionne une nouvelle vidéo, le montrant tuant violemment sa femme. Il est arrêté par la police mais ne parvient pas à se souvenir de son acte. Plus sombre que jamais, Lynch fait un grand bond sur le plan scénaristique en nous présentant un film qui sort complétement hors des contraintes de temps et de logique. Agrementé d'une bande-son géniale et d'une mise en scène impressionnante de précision, Lynch nous livre un film fascinant dont on peut tirer de multiples interprétations.

 

 

affiche-une-histoire-vraie-the-straight-story-1999-1.jpg

 Après de nombreux films sombres et étranges, Lynch nous livre, en 1999, un film radicalement différent, racontant l'histoire vraie d'Alvin Straight. A 73 ans, il souhaite rendre visite à son frère récemment victime d'une attaque. N'ayant pas le permis et refusant de se laisser conduire, il entame un long voyage à bord de sa tondeuse à gazon. Etonnant hommage à une Amérique lumineuse, ce film paisible et original est porté par un espoir et un optimisme rafraichissant, le tout dans une lenteur reposante d'un road-movie à vitesse humaine

 

 

mulholland-drive-poster-2-3.jpg

 Devant devenir une série, Mulholland Drive (2001) sera finalement livré sous la forme d'un long-métrage, qui sera l'un des plus acclamés de David Lynch. Le film raconte l'histoire de deux femmes, Rita, victime d'un accident devient amnésique et se réfugie chez Betty Elms, une actrice récemment arrivé à Hollywood. Ensemble, elles vont se rapprocher et chercher à retrouver la véritable identité de Rita. Expérience visuelle et sonore fascinante sur fond de psychologie et de rêve hollywoodien, Mulholland Drive est un film grandiose et complexe, qui livre de nombreux indices au spectateur afin de lui permettre de découvrir la vérité, sans jamais l'énoncer explicitement. Des personnages secondaires troublants jusqu'au performances de Naomi Watts et Laura Harring, Mulholland Drive est une perfection de mise en scène hypnotisante.

 

 

inland-20empire-2001-1.jpg

 Sur le même sujet que Mulholland Drive, Inland Empire (2006) est le film le plus trouble de Lynch depuis Eraserhead. Laura Dern interpréte Nikki, une actrice mariée à un homme fortuné, récemment engagée pour jouer dans un film romantique. Mais le réalisateur lui révèle que le film avait déjà fait l'objet d'un tournage mais n'avait jamais aboutit car les 2 acteurs principaux furent mystérieusement assassinés. Nikki va progressivement glisser dans une psychose où elle confond la fiction et la réalité. Complétement expérimental, Lynch accumule les scènes troublantes et brouille son film dans une quasi abstraction pour le moins déroutante. Tourné en caméra DV, Inland Empire est un labyrinthe de 2h45 dont on n'arrive jamais vraiment à trouver la sortie.

Ajouter un commentaire
 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site