Nicolas Winding Refn est un cinéphile accompli, subjugué par les extrêmes de la conscience humaine et les multiples facettes complexes que possède l'homme. Mais, outre cette caractéristique, il est aussi un cinéaste émérite : en témoigne le prix de la mise en scène reçu au festival de Cannes de 2011. Prix reçu pour le film Drive qui a suscité de nombreux commentaires de par son approche originale du film d'action. Cette mise en scène donc, qui joue beaucoup, du moins dans la scène d'introduction, avec l'obscurité totale de la nuit et les lumières bleutées des néons de voitures et de la ville. Un jeu de couleurs volontairement rétro, risqué mais réussi. Cette approche donnant ainsi une ambiance froide et électrique remarquable et tellement originale par rapport aux types de réalisations présents dans le cinéma actuel. Mise en scène propre et donc, efficace. On comprend tout à fait le choix du jury du festival de Cannes.


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  Le scénario est quant à lui assez rudimentaire : il ne s'agit ni plus ni moins que d'une histoire de vengeance, le tout engrangé dans une affaire d'argent et de "mafia". Mais le tout est rythmé par quelque chose de lent, très lent mais à la fois une espèce d'intensité dans chaque scène qui permet de se laisser emporter facilement. Et le scénario sert surtout à encore montrer la complexité du genre humain par le biais du personnage interprété par Ryan Gosling. Un cascadeur le jour, un "driver/transporteur" la nuit, laconique et quasi-mutique, et surtout solitaire. Ceci contrastant avec l'homme brutal, aux pulsions vengeresses ultra-violentes qui nous offrent des scènes gores à peines aperçues mais inévitablement devinées. 


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  La scène la plus représentative de la conscience schizophréniquement dangereuse du personnage est celle de l'ascenseur où le réalisateur a mis en exergue les deux aspects de sa personnalité : le ralenti et la lumière provenant d'au-dessus des personnages lors du baiser ...






...puis la contre-plongée et le visage baigné dans l'ombre lors du "massacre" commis contre l'homme présent dans l'ascenseur.





  Les acteurs sont le reflet du film : concis mais intense. Une actrice à surveiller indéniablement, c'est Carey Mulligan. Déjà remarqué dans Shame de Steve McQueen où elle joue la soeur du personnage victime de ses obsessions sexuelles (Michael Fassbender), elle tient son ici son rôle à merveille à la fois discrète et sensible. Ryan Gosling a le rôle le plus puissant : un personnage ambivalent qui n'exprime aucune de ses émotions. Son jeu d'acteur est encore une fois très bien tenu. La présence de Bryan Cranston (père hystérique de Malcolm dans la série éponyme) est aussi surprenante qu'un oppportune : on le voit dans un autre genre et cela prouve qu'il est un grand acteur. Malheureusement, on ne le voit pas assez dans d'autres films du même type.


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Mais si il y a un point à retenir dans ce film, c'est la bande originale. Ecrite par Kavinsky, celle-ci est en symbiose totale avec le rythme, l'ambiance et le caractère du film et des personnage. Les riffs électro-pop sont ennivrants pour ne pas dire addictifs et laissent transparaître une musique transcendante à travers les paysages citadins. L'autre musique, A real Hero de College achève la sublimation sur un final tragique mais logique. 

  Drive est un bijou de mise en scène, de performances d'acteurs et de bande originale qui aiguise tous nos sens et nous laisse emporter facilement sans jamais nous faire redescendre. La fascination et l'émerveillement sont les deux sensations qui restent à la fin du générique et on peut affirmer que Drive est un film au devenir cultissime.

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