Le Hobbit - La Désolation de Smaug

  Le Hobbit partie II : La désolation de Smaug est sorti en salles et voici l'occasion d'en faire une critique. En effet, La Terre du Milieu et ses multiples histoires rassemblent de nos jours et ce depuis plus d'une soixantaine d'années une communauté de fans de l'univers de Tolkien. Ces oeuvres littéraires, immensément travaillées, que ce soit sur le plan des personnages, de l'histoire et même des langues ont la capacité de nous transporter dans un univers dantesque dont la beauté poétique déborde de chaque description de paysage, de chaque situation et de chaque dialogue. La trilogie du Seigneur des anneaux, qu'on parle des romans ou des adaptations cinématographiques ont eu et ont toujours la capacité de refléter l'ensemble des émotions humaines à travers une quête épique dans un monde à la fois merveilleux et terrifiant.
Peter Jackson avait eu l'audace de s'attaquer à un mythe et ce, avec brio : jamais les décors de Nouvelle-Zélande ne nous ont paru aussi empreints de scènes de batailles, de lieux emplis de magie et de lieux enchanteurs mystiques. Cependant, la gourmandise est un vilain défaut et avoir les yeux plus gros que le ventre peut gâcher un incroyable festin. Le Hobbit, la désolation de Smaug en est la preuve.

  En effet, la trilogie du Seigneur des Anneaux avait une ambiance bien à elle, d'un monde à la fois beau et torturé. Cependant, et c'est tout à fait normal, Le Hobbit : un voyahe innatendu reposait sur l'oeuvre éponyme elle-même destinée à un public plus jeune où le ton était plus léger. Subjectivement parlant, cette première partie était plutôt réussie avec un démarrage certes long mais avec des scènes d'ordre cultes avec notamment le jeu des devinettes entre Gollum et Bilbon. Des ajouts scénaristiques étaient mis à l'oeuvre mais il est normal qu'on ne puisse réaliser 3 films de 3 heures chacun avec un roman de 300 pages. Bref, il restait de toute façon deux suites pour améliorer la matière et corriger les légères erreurs. Cependant, ce ne fut pas le cas. La Désolation de Smaug est une lourdeur scénaristique. Des incohérences apparaissent et se multiplient
bien trop rapidement, des personnages essentiels dans le roman se voient releguer au second plan tel que Beorn, mi-homme mi-ours, qui n'apparaît que 5 minutes à l'écran. A contrario, des personnages inutiles font leur apparition, notamment du côté des elfes puisque Legolas est de la partie et on se demande bien pourquoi, accompagné de Thauriel, un personnage féminin trop rare dans les oeuvres de Tolkien mais pourtant ici inutile au propos hormis la création d'une relation inter-espèces entre une Elfe et un Nain. Ce qui pouvait être la force du film en est devenu son défaut.

  Par ailleurs, les scènes d'actions sont lourdingues et plus du tout réalistes : Legolas peut gagner une bataille à lui tout seul et l'affrontement entre Smaug et les Nains est totalement tiré par les cheveux. Celui qui avait rendu un hommage grandiose à la Terre du Milieu, celui-là même qui a empoché une flopée d'Oscars méritée est en train de trahir le travail de Tolkien ainsi que son propre matériau commencé il y a plus d'une dizaine d'années. Pour parler franchement, les rares références aux aventures de Bilbon présents dans la trilogie du Seigneur des Anneaux faisaient plus rêver que l'aventure présentée ici. Les rares mystères qui résidaient dans le livre tels que le Nécromancien sont ici décortiqués et expliqués mais on sent de façon évidente que ce n'est pas la patte de Tolkien.

  De plus, la bande-son magistrale d'Howard Shore dont les nombreux thèmes sont reconnaissables ne sont pratiquement pas utilisés et les nouvelles séquences ont du mal à se hisser à la hauteur de la bande-son des films précédents. Même les effets numériques pourtant très réalistes ne remplaceront jamais les maquillages, les maquettes et costumes des trois premières oeuvres.

  Toutefois, Smaug est à la hauteur des espérances tant du point de vue du graphisme que du point de vue de sa voix, totalement envoutante et reflétant avec brio la puissance et la perfidie du personnage.

  Pour résumer, il est regrettable que Peter Jackson ait perdu la magie de l'univers qu'il avait créé et qu'au lieu de concilier oeuvre artistique et grand spectacle, il n'ait privilégié que ce dernier aspect. La suite s'annonce mal et les histoires de Bilbon le Hobbit, trahies. Ayant en horreur les opinions réactionnaires, préférant toujours le passé au présent et ce en étant aveugle à tout, il est bien dommage de constater qu'en ce cas présent, la Terre du Milieu était meilleure auparavant.

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