Critique de Taxi Driver

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"You're talking to me?"

 

Troisième long-métrage de Martin Scorsese, Taxi Driver marque la nouvelle collaboration, après Mean Streets, d'un duo mythique du cinéma, longtemps quasi inséparable: Scorsese et De Niro. Même si le reste du casting est honorable (Harvey Keitel, Cybill Shepherd et la jeune mais remarquable Jodie Foster), on retiendra surtout de ce film l'incroyable interprétation de De Niro en Travis Bickle et la mise en scène de Scorsese. En faites, ce film est le chef d'oeuvre de deux génies du cinéma, au sommet de leur art.

 

 Travis Bickle, vétéran de la guerre du Vietnam, se retrouve chauffeur de taxi à New York. Oppressé par la mégalopôle, la violence qui y régne, et sa solitude, Travis sombre peu à peu dans la folie. Pourtant, le personnage nous semblait attachant, mais sa différence se mue progressivement en psychose, et on constate avec effroi sa véritable personnalité. Travis entretient une obsession pour les armes, dont il servira à la fin du film pour mettre fin à la vie de plusieurs pervers, et libère ainsi une jeune prostituée. Travis, qui commit cet acte dans un élan de folie, devient ainsi un héros libérateur, malgré lui. Le film s'achève sur la terrible ironie d'un psychotique qui passe pour un héros.

 

Le scénario, signé Paul Schrader, en partie autobiographique, est terriblement cynique et pessimiste, la réalisation parfaite de Scorsese rajoute un sentiment d'oppressement, le film se révèle donc très sombre et révélateur d'une Amérique traumatisée par la guerre du Vietnam. Emmené entre les rues obscures de New York, dans les quartiers malsains, au milieu de la prostitution, des armes et de la violence, le spectateur observe une peinture inquiétante de la vie urbaine. Le réalisme de l'oeuvre tourne un peu plus la page des studios hollywoodiens comme "usine à rêves" et s'inscrit dans la lignée des films d'auteurs.

 

Comme l'exprime la musique de Bernard Herrmann, tantôt légère et jazzy, tantôt lourde et inquiétante, Taxi Driver est un film ambigue, très changeant, mystérieux. Le personnage qu'est Travis est un monument de contradictions, qui parait marginal mais sympathique, puis complétement fou, le film suit ainsi une évolution en crescendo de noirceur, de violence et de tension qui débouche sur la scène, culte, du massacre final.

 

La scéne culte

Comment parler de Taxi Driver sans évoquer la scène mythique où De Niro parle à son reflet dans un miroir, et s'entraine à dégainer son arme en répétant une des phrases les plus célèbres du cinéma: "You're talking to me?". Dans cette scène, l'agressivité de Travis, son obsession pour les armes et sa violence éclate clairement au grand jour, sans plus aucun doute possible. Tournée en quelques minutes, la scène fut complétement improvisée par De Niro, et devint plus tard le leitmotiv de nombreux cinéphiles.

 

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