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Critique de L'exorciste

  Après avoir réalisé French Connection (1971), William Friedkin, cinéaste de la violence et des ambiances malsaines, met au point en 1973 un nouveau projet : L'exorciste. D'après un scénario de William Peter Blatty, lui-même basé sur des faits réels, ce film retrace un cas de possession sur une petite fille Regan, interprétée par la troublante Linda Blair. Le film a tellement choqué à sa sortie que des ambulances attendaient à la sortie des salles, pour les spectateurs atteints de malaises.

 

"Pour moi le paradis, c'est un night-club peint tout en blanc avec moi en vedette."

 

  Si le but était de choquer, William Friedkin a parfaitement réussi son coup, du moins à l'époque de sa sortie. En se remettant dans le contexte de l'époque, on peut comprendre les spectateurs : de l'hémoglobine utilisé à bon escient, ni trop, ni pas assez, une fillette, d'aspect innocente qui prévoit la mort d'un ami de sa mère, qui urine sur le tapis de la salle à manger et qui profère des "Ta mère suce des bites en enfer !" tout en se calant des crucifix là où il ne faudrait pas ... Bref, à l'époque, c'est du jamais vu. Certes, maintenant cela ne choque plus grand-monde (quoique), et cela fait plus susciter des rires que de la peur. Mais pour un film d'horreur, le tout est savamment bien dosé, ce qui est rare de nos jours où le ketchup industriel recouvre tous les murs sans raison valable ou apparente.

 

  L'ambiance est malsaine, purement inquiétante car les personnages se retrouvent face au Mal directement à travers une enfant qui devrait incarner l'innocence et l'insouciance. Les films d'horreur devraient tous être comme celui-ci, je m'explique : un film de genre horrifique, à mon humble avis, est réussi non pas parce qu'il nous fait sursauter de temps à autre ou nous bombarde d'images gores mais parce qu'il laisse des traces, nous transforme, nous hante ou tout simplement, après son visionnage, nous obsède. C'est le cas de celui-ci ou bien encore du très troublant Shining de Stanley Kubrick.

 

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  Il n'y a rien à reprocher aux acteurs, ils restent assez sobres finalement. La seule qui dépasse, qui surpasse même les autres acteurs et qui d'ailleurs porte le film sur ses épaules, c'est bien sûr Linda Blair qui a gagné un Golden Globe pour la meilleur actrice dans un second rôle pour cette interprétation. Elle se laisse transformer au fur et à mesure des scènes pour atteindre finalement l'un des visages les plus emblématiques et effrayants du cinéma d'horreur. On peut d'ailleurs saluer le maquillage qui n'a pas trop vieilli.

 

 La scène culte :

Malgré les nombreuses scènes cultes de ce classique de l'épouvante, l'une des plus marquantes reste celle où la fillette descend les escaliers telle une araignée, la bouche ensenglantée. Cette scène, jugée trop choquante à l'époque a été coupée lors de la sortie en salles. Il a fallu attendre 2001 et la sortie en DVD de la version longue pour voir cette scène :


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